european-union-1204030_1920La COP 24 ou « Conference of the parties » sur le réchauffement climatique a débuté le 2 décembre à Katowice en Pologne, l’une des villes les plus polluées au monde, et durera jusqu’au 14 décembre 2018, afin de tenter de concrétiser l’Accord de Paris signé en 2016, à l’issue de la COP 21, et de lutter contre les changements climatiques.

La 24e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies (dite « CNNU ») sur les changements climatiques sera présidée par le vice-ministre polonais de l’Energie, Michał Kurtyka. 196 pays y seront représentés et des acteurs non étatiques, ONG et institutions seront également présents.

Ses objectifs :

La COP24 doit aboutir à la rédaction d’une feuille de route détaillant les décisions à adopter pour que chaque État puisse appliquer l’Accord de Paris, c’est-à-dire limiter d’ici à 2100 le réchauffement climatique à +2°C maximum, et poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C.

L’accord prévoit aussi une aide annuelle de 100 milliards de dollars d’ici à 2020 pour aider les pays pauvres à atteindre ces objectifs. Si la France s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030, les États-Unis, en revanche, se sont retirés de l’accord le 1er juin 2017. Le but de la COP 24 est globalement de tout faire pour stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et faire redémarrer le Fonds vert pour le climat, caisse commune des investissements en faveur du climat pour les pays en voie de développement.

Tous unis ?

Non. L’Amérique est contre ces conférences pour le climat, dans la mesure où Donald Trump refuse de croire au réchauffement climatique. Le départ des américains a fait s’écrouler bien des espoirs, car ils pèsent lourd politiquement et économiquement sur la scène internationale et parce qu’ils sont le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde, après la Chine. Quant à l’Australie et le Brésil, ils ont tous deux fait savoir qu’ils limiteraient au maximum leurs engagements.

Concernant la Chine…

Si elle est le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, elle pourrait néanmoins s’avérer utile et engagée pour l’Union européenne et les Canadiens, devant les États-Unis. Au départ des américains, Pékin a décidé de prendre en considération la théorie de « responsabilité partagée mais différenciée » qui estime que les pays développés, dont l’empreinte carbone est donc élevée, doivent aider leurs cousins en développement pour lutter contre le changement climatique.

La Chine a de plus atteint les objectifs qu’elle s’était fixée pour 2020 en termes d’émissions de gaz à effet de serre, et elle est le premier investisseur mondial en énergie propre. Cependant, les Chinois ont aussi repris la construction de nouvelles centrales thermiques, et financent la construction de centrales à charbon chez leurs partenaires pakistanais, égyptiens ou dans les Balkans.

Et la Pologne dans tout ça ?

Si elle a accueilli la COP 14 en 2008, à Poznan, et la COP 19 en 2013, à Varsovie, elle n’en demeure pas moins le plus mauvais élève d’Europe en matière d’émission de CO2. En effet, 80% de son électricité provient actuellement du charbon, l’or noir polonais soustrait des mines où de nombreux mineurs travaillent encore, dangereusement, loin des préoccupations environnementales. Il est ensuite brûlé dans des centrales thermiques obsolètes qui devront fermer dans les dix prochaines années. Leur première centrale nucléaire verra le jour en 2030 afin de réduire la part de charbon dans l’électricité. En 2016, le pays émettait 7,63 tonnes annuelles de CO2 par habitant. L’OMS estime que vivre à Katowice équivaut à fumer passivement 2 500 cigarettes par an, et les cas de pneumonies, de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux sont en nette augmentation, dans ce pays où les écologistes ne sont pas pris au sérieux. « Le pays, qui compte 33 des 50 villes les plus polluées au monde, a jusqu’à 2030 pour atteindre son objectif de réduire à 60% la part d’électricité et de chauffage produite par le charbon. »

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